vendredi 10 juillet 2015

Garmin triathlon de Paris: ma 1ère distance olympique



Il faut que je vous raconte mon 1er tri en distance « M »:
pour les non initiés 1500 m. de natation, 40 km. de vélo et 10 km. de course à pied.
Bien que la distance ne me soit pas totalement inconnue, l’année dernière j’ai fait la version raccourcie à Chantilly : 800 m. de natation, 43 de vélo et 8 de course à pied mais c’est la natation qui n’est pas mon point fort. Je nage bien, je n’ai pas peur dans l’eau mais je nage lentement et je n’ai jamais aligné 1500 m. en entrainement sans m’arrêter.
Ma plus longue distance sans m’arrêter et avec la combinaison (et ça change beaucoup) c’est 800 m.

Pourquoi Garmin triathlon de Paris ?
Au début ça me tentait pas vraiment de le faire : beaucoup de monde, la logistique me semble compliquée : départ de natation à Choisy le Roi ; ensuite le parcours vélo en ligne jusqu’à Paris pour terminer par 10 km. de CAP près de la Tour Eiffel.
Mais mes amies triathlètes Lénaïg (Stefanie) et Lénaïc insistent et je succombe à la tentation, surtout que je ne conduis pas et je suis forcément obligée de faire les tri en région parisienne, là où je peux demander à mon fils de m’emmener. Je ne vais pas quand même l’emm… et demander de m’emmener à perpèt-les-oies pour que maman s’amuse. 
Et puis Garmin Triathlon de Paris, ça en jette quand même il faut au moins le terminer 1 fois, comme le marathon de Paris ? :icon_pong: 
Voilà le jour J approche, même pas de stress à l’horizon, j’ai suffisamment d’entraînement pour ce genre d’épreuve, question chrono ça va être autre chose mais je sais évaluer assez bien mes capacités.
Quelques jours avant on nous annonce la température d’eau à 27° degrés vu la canicule, donc combinaison de natation interdite, ça va être la fête !
Sur les sites diverses et variés il y a des commentaires plus que dépités et beaucoup craignent pour la qualité de l’eau, vu que l’eau du bassin est stagnante et à cette température c’est la prolifération des bactéries. :icon_surpris: 
Je m’en fous, j’ai payé, j’y vais. Et je compte sur la responsabilité de l’organisation concernant les mesures de qualité.
Le vélo déposé la veille dans le parc à vélo, je repère également les emplacements de mes comparses de galère. Cool, on est pas loin, on va forcément se retrouver. Il faut dire que la 4ème vague est réservée aux femmes et d’après ce que je constate on n’est pas très nombreuses.
Le jour « J ».
Arrivée par le RER à Créteil suffisamment tôt, la longue procession des participants du RER jusqu’au parc au vélo. C’est super au moins on ne se demande pas par où aller.
Je rentre dans le parc et attends l’arrivée Lénaïc et Lénaïg. Lénaïc c’est jusqu’au là encore ma copine « virtuelle » avec qui j’ai beaucoup de points en commun : les chronos dans les disciplines, les goûts pour les fringues et produits de beauté et le plus fort: nos noms de famille ont une lettre de différence à la fin mais se prononcent exactement pareille. Et même je trouve qu’on se ressemble. Du coup on se reconnaît de suite et on saute dans les bras l’une de l’autre comme si on se connaissait depuis toujours.


Lénaïc part finalement rejoindre son copain supporteur et moi maintenant j’attends Lénaïg, une fondue de courses de tout genre qui ne s’arrête jamais… ceux qui la connaissent savent de quoi je parle. Genre elle peut enchainer le lendemain d’un marathon ou un trail une sortie vélo de 90 bornes en guise de récup’ et à fond les ballons. Et elle a déjà fait bien pire ! :icon_exorbite: 
Lénaïg est là, séance photo, et on papote on papote, on a des choses à se raconter… et il est temps d’aller au départ. Plus de 1 km 500 de marche, un défilé de bonnets noirs, bleus, verts et rouges, c’est impressionnant. 1km500 de natation en ligne droite, ah ouais vu comme ça la distance impressionne.
Là on a la surprise de voir Marathonnerre en photographe officiel.
A 9h00 départ des bonnets noirs et c’est parti pour la lessiveuse. Très rapidement quelques personnes se trouvent complètement larguées et certains commencent s’accrocher au canoés.
Je suis stupéfaite : pour se lancer dans ce genre d’épreuves il faut un minimum d’entraînement.
Lénaïg me dit : fais gaffe peut être qu’on sera pareil dans peu de temps. C’est pas faux… :oops: 
Notre tour est arrivé : il est temps d’y aller. ça va dans la vague femme on n’est vraiment pas nombreuses par rapport aux vagues précédentes.
Toooop, c’est parti. Quelques dizaines de mètres après j’aperçois qu’il n’y a plus personne près de moi. Enfin pas beaucoup. Nooooon ? Enfin les canoés n’ont pas à s’inquiéter pour mon sort, je nage lentement mais sûrement, je ne suffoque pas, je ne me noie pas, je ne m’accroche pas mais je n’avance pas. :icon_langue: 
Pourtant ma nage me semble fluide, bonnes sensations de glisse. Rhooooo la la c’est parti pour minimum 45’ et là pendant tout ce temps là vous avez tout le temps de réfléchir à tout et n’importe quoi : si votre lancée de bras est aérienne, si vous poussez loin derrière et que vous êtes franchement nulle parce que tous les autres sont loin devant, que si kayaks ne se rapprochent pas trop ce qu’ils voient quand même que tout va bien et que la profondeur de ce bassin n’est vraiment pas suffisante, pour le peu on pourrait gratter le fond etc. etc. Toutes ces pensées sont de temps en temps interrompues par les algues qui s’accrochent aux bras et plus ça avance, plus il y a d’algues.
Vers la fin je vois que je rattrape 1 bonnet noir (parti 20’ avant) et 2 bonnets verts partis 8’ avant. Ben il y a certains qui galèrent beaucoup plus que moi !
Quelques dizaines de mètres avant la sortie je suis empêtrée dans les algues au point d’être obligée de les arracher. Le mouvement de bras aérien… disait-on ! :thesphinx: 
Les personnes qui sortent devant moi n’ont pas pris cette peine et sortent…. couvertes d’algues




Garmin triathlon de Paris : sortie natation

Bon OK, j'exagère un chouïa :ICON_MDR: 
50’ de périple en ce qui me concerne. Oui ben sans combi + bagarre avec les algues, fallait pas espérer moins !
Je file vers mon vélo en attrapant un verre d’isostar au passage. Peu nombreux sont les vélos dans le parc. Ils se comptent sur les doigts d’une main ?
C’est parti et c’est désespérément désert… je pédale plutôt bien pendant 20 km. à un peu plus de 25 km/h de moyenne, c’et plat juste quelques montées descentes sur les ponts, rien de bien méchant. je ne sais pas à quel km. vu que l’attention des bénévoles rien que pour moi, ils me préviennent : attention, dos d’âne très méchant ! je ralentis pour le prendre avec précaution et hurle : ohhhhh pu** # §. Les bénévoles sont morts de rire : vous avez entièrement raison. J’apprendrai plus tard que quelques-uns sont restés sur le carreau à cet endroit, même un qui a cassé son vélo.
je double quand même les gens. Pas beaucoup, certes.

Et puis le vent de face sur les berges casse mon élan, je ralentis, ralentis… et impossible de relancer.
Est-ce le vent qui m’a achevé où cette semaine où j’ai enquillé 160 km. de vélo en guise de vélotaf par peur de prendre les transports en commun par cette canicule, ou bien les deux mais le résultat est là : je n’avance plus. J’ai beau de changer de plateaux, pignons : rien n’y fait.
J'envisage sérieusement de bazarder mon Scott et prendre un vélo avec une assistance électrique :icon_ptdr: 
On se croise avec Lénaïc elle est de retour en sens inverse, très loin devant moi. On s’encourage.
Bref, arrivée vers la Tour Eiffel, je me fraye le chemin parmi les touristes, pas un bénévole, personne pour indiquer par où tourner, charmant… je perds du temps.
Enfin quelqu’un pour m’indiquer.
Dépôt de vélo, enlever le casque, les chaussures, récupération du sac course à pied et c’est parti. je suis assez claquée, les jambes vont au ralenti, il fait chaud. Je suis pourtant à presque 10 km/h mais ça me semble tellement lent. Et dire que je me suis battue pendant des années pour me maintenir en dessous d’une heure sur 10 bornes et ce par temps frais et sans 1500 m. de natation et 40 bornes du vélo. Là vraiment il y a du progrès. :) 
On se croise de nouveau avec Lénaïc. Elle est déjà vers la fin du parcours et moi je commence.
Je fais mon chemin avec une fille qui court à la même allure que moi, je suis à mon allure marathon, FC marathon et pas envie de me faire mal plus que ça.
Les passants, bénévoles et touristes encouragent, arrêt à chaque ravito et passage sous les jets d’eau, qu’est-ce que ça fait du bien. Un bénévole m’arrose généreusement avec une bouteille d’eau sous le tunnel. Concours des trifonctions mouillés !
Enfin la fin approche, entrée au stade Emile Antoine, il me semble qu’il manque 1 km., qu’importe, je pique le sprint et ma joie s’exprime là : :icon_fete: 


Temps total 3h39'15
J’espérais faire mieux que ça (surtout en vélo) mais à la réflexion je ne pouvais pas. Il faut déjà me contenter d’avoir fini cette distance qui n’est pas évidente.
J’ai nagé pour la 1ère fois 1500 m. d’affilé, espérais un petit 25-26 km/h en vélo mais terminé avec 23,4 à la clé (la progression est à chercher dans le vélo surtout) et puis la CAP par cette chaleur, avec arrêts aux ravitos et marchouillage dans les montées des ponts 9,8 km/h de moyenne c’est plutôt pas mal du tout.
J’ai trouvé l’organisation était globalement très bonne, malgré les échos pour récupération des sacs : beaucoup d’attente mais avec 3000 de participants peut-il en être autrement ? Aussi paraît-il il y avait des vols des compteurs vélo…. La prochaine fois je décrocherai le mien avant de partir pour la CAP. ;) 
Le prochain triathlon : le « M » du Chantilly fin août.
I love triathlon !

mercredi 3 juin 2015

Triathlon de Cergy.... trois drôles de relayeuses.

Il est déjà loin ce jour quand Mia a fait son 1er triathlon de Torcy et sans peut être le savoir elle m'a donné envie de m'y lancer. Je me suis lancée, j'ai adoré et j'y suis restée au contraire de Mia qui a été traumatisée par l'eau froide à 15° ce qui ne lui a pas donné envie de renouveler l'expérience. 8) 
On a l'habitude de temps en temps de se retrouver chez Mia avec Gisèle pour papoter, fêter tout et n'importe quoi et cette année on a des choses à fêter : Mia son 80 km. de l'éco trail, moi le marathon du lac Baïkal et Gisèle peut fêter la guerison de sa cheville cassée l'année dernière. :icon_fete: 
Mia nous apprend l'existence du triathlon de Cergy, je tente en vain de la convaincre mais non impossible !
Mais que voulez-vous on a bu un peu de bulles et je tente le dernier joker en descendant les escaliers : les filles et si on faisait ça en relais ? Mia, on te laisse la course à pied ! Gisèle dit qu'elle est plus à l'aise sur le vélo, bon ben il me reste la natation, bien que sois pas une flèche en natation, ça me pose pas de souci. On a « scellé » notre contrat en topant dans la main juste à la sortie de l'immeuble. :lol: 
Ça ressemble un peu à ça quand même

ça fait deux mois qu'on piaffe d'impatience. Enfin le jour J est arrivé. On nous promet de la pluie mais pour l'après midi.

Arrivés sur les lieux, retiré les dossards, puce, t-shirts finishers (à notre taille) avant d'avoir commencé. J'enfile la combi, il est temps d'y aller. Le maxi CD part une dizaine de minutes avant le découverte. Pour le découverte on a 550 m. de natation, 21 de vélo et 5 km. de CAP.

On ne peut pas dire que je suis folle de joie de nager. J'aime nager mais toute seule... 

Là on me montre le parcours et ça me semble excessivement long ; ça fait 550 m. ? nooon ? Mais c'est long !
Mes copines sont là pour m'encourager allez hop c'est parti.

Je suis les gens qui sont devant, un gars juste à coté de moi brasse et me donne des coups, je sais bien que chacun a droit de nager comme il veut mais ça m'agaaaaace ! J'arrive à le semer quand même. J'applique mon crawl, j'allonge, j'essaye d'appliquer les conseils de mon entraîneur et sortir le bras loin derrière, bref tout va bien.Sauf que c'est long, bordel ! :icon_surpris: 


Enfin la sortie, je me retourne pour voir s'il y a du monde derrière, un bénévole : vite Madame vite, ils arrivent ! Je cours vers l'emplacement vélo et je vois Gisèle qui... n'est pas prête ! Pas de casque sur la tête, chaussures vélo pas enfilées . :icon_police: 
Moi incrédule : Mais Gisèle qu'est-ce que tu fais ?
Mais je ne t'attendais pas si vite, répond-elle.
En regardant mon chrono je la comprends 15'41  pour 665 m. en gros 100m. de plus mais avec une moyenne 2'21 /100 m. ça ne m'arrive qu'en piscine avec pull boy. Il devait y avoir un courant secret dans le lac de Cergy, c'est pas possible ! :icon_ptdr: 




Je refile la puce à Gisèle et elle se lance à son tour. 
Voilà qu'on attend son retour avec Mia mais il commence à pleuvoir très fort, on pense à Gisèle, ça doit pas être drôle de rouler sous la pluie battante et surtout dangereux. Pendant ce temps là je reluque des belles machines qui arrivent une après une dans le parc à vélo. C'est tout juste s'il n'y a pas la bave qui coule. :P 
53' après Gisèle arrive, je cours à sa rencontre pendant que Mia jette son parapluie et se débarrasse de sa veste. Puce refilée à Mia et elle part en trombe. 

27' après elle accompli son relais avec succès, elle a tout donné.


On va se ravitailler, le ravito très bien garni, par ailleurs il y avait du saucisson pour notre plus grand bonheur ! :icon_langue: 
Comme d'hab nos aventures se finissent généralement au restau, puis de retour chez Mia arrosé juste avec une petite coupette de champagne, il faut pas croire on a une hygiène de vie assez stricte !
Bon devinez quoi ? On a topé dans la main pour l'année prochaine pour le maxi CD : 1600 m. de natation, 53 de vélo et 11,5 de course à pied. :ICON_FOU: L'effet du champagne quoi ! Il faut faire gaffe de ne pas arriver à un ironman en relais dans quelques années ! Mais j'envoie Mia à la nage et je fais qu'un « petit » marathon dans ce cas là... désolée pour Gisèle qui aura 180 bornes à faire en vélo. :?

mardi 26 mai 2015

Triathlon d'Enghien les Bains ouverture de la saison.

C'était la troisième édition pour moi de ce tri XS par lequel j'ai commencé ma « carrière de triathlète » en 2013.
La première année en parfaite touriste, natation en brasse, sans entraînement vélo, avec un VTT trop lourd (18 kg, le machin) et avec une selle trop basse (n'en parlons pas de fourche à l'envers) je ne pouvais pas faire d'étincelles, évidemment. :ICON_FOU:
L'année dernière ça allait beaucoup mieux avec un vélo de course et progression en course à pied non négligeable. J'ai terminé 400 m. de natation (ramassé 480), 11 km. de vélo et 3 km. de CAP en 1h05'12 .
Cette année j'espère quand même approcher 1h00. :? Mais bon ma forme de l'année est très, très moyenne. Les exploits du début d'année, les soins dentaires récents et la ménopause naissante n'arrangent pas les choses et disons plutôt que j'arrive à me maintenir avec plus de bas que de hauts.
Aujourd'hui comme les années précédentes c'est mon fils qui m'emmène à Enghien, c'est sa punition annuelle (j'ai rajouté à cette punition le triathlon de Chantilly également). :ICON_MDR:
Arrivés à Enghien suffisamment tôt pour avoir une place de parking, retrait de dossards super rapide, le joli t-shirt noir pour une fois à ma taille. Cool !




Je vais m'installer dans le parc à vélo, tout bien comme il faut, je sais comment ça se passe maintenant. :icon_langue:

Là il y a Nano qui m'appelle (une ancienne CAFeuse pour ceux qui s'en souviennent). Quelle belle surprise ! Ce sera son premier triathlon.
On papote, on papote, ça fait trèèès longtemps qu'on s'est pas vues. Je croise aussi les gars de mon club.
Il est temps de se diriger vers le départ, l'eau trouble et quelques odeurs n'inspirent pas confiance mais quand il faut y aller, il faut y aller !
Bénévole : Atttentttion ! 1' avant le départ, pour ceux qui ne savent pas nager c'est trop tard ! :icon_surpris:
L'eau est annoncée à 19°, c'est les tropiques! il y a deux ans elle était à 14° ;)

Je sais nager moa, le problème que je ne vais pas vite et me place en arrière pour ne pas prendre de coups, parce que boire la tasse du lac d'Enghien ce n'est ma tasse de thé, voilà.
Après 14'33 de natation pour 430 m. (meilleure trajectoire par rapport à l'année dernière) il faut sortir. Sauf que je ne sais pas ce qu'ils ont fait cette année, ils ont installé un mur d'escalade à la sortie d'eau. Personne ne peut sortir par ses propres moyens, c'est vraiment en pente et super glissant. Le bénévole me tire par le bras droit, doucement, doucement (je tiens à mon épaule déboîtée 3 fois déjà).
Mon emplacement est à l'autre bout du parc, du coup les 390 m. de trottinage et enlèvement de la combi (au passage je me suis retournée l'ongle, aïeeee), mise de chaussures, lunettes et casque me prendront 6'36 .
Le vélo ! C'est là que j'espère gagner du temps parce que je me suis entraînée quand même pendant tout une année et j'ai les pédales automatiques (mdr). Que nenni ! Je double quand même un peu mais les virages je ne sais pas les prendre et ralentis vâchement, en plus le pompom je me suis trompée 2 fois de direction :x (fait le demi tour sur le rond point avant celui qu'il fallait et au retour pris le virage à droite tandis qu'il fallait aller tout droit). Et ce malgré la présence de bénévoles et le parcours que je connaissais déjà. Du coup quasi même moyenne kilométrique que l'année dernière. (22,9 - 23,0)



Et puis la course à pied je pensais vraiment que c'était la cata mais en fait pas tant que ça : 15'41  et 15'23 en 2014
Résultat global 1h6'59 contre 1h5'12 en 2014.
Pas de progression mais pas de cata. Je suis déçue un peu tout de même mais bon c'est pas bien grave. J'ai pris du plaisir, il faisait beau, que demander de plus. Petit débriefing avec Nano j'espère que cette expérience ça lui a plu et qu'elle deviendra accro comme moi.

dimanche 8 mars 2015

Baikal Ice marathon

Je ne vais pas de nouveau raconter pourquoi j'ai voulu tant courir le marathon du lac Baïkal et pourquoi c'est si important pour moi.
mon récit du semi marathon 2012 ici

J'ai déjà participé au semi-marathon en 2012 et ce ne fût que du bonheur: soleil, pas de vent, neige et glace qui scintillent et l'arrivée avec un sourire digne de pub dentifrice Colgate.
En 2h43 tout de même avec les chronos de 2h10 à l'époque pour un semi dit "normal".
Trois ans sont passés depuis, je me suis considérablement améliorée en course à pied et ça me permet d'espérer de boucler ce marathon au moins en 6 heures (temps limite). Mais j'y vais avant tout pour retrouver ma maman et ma famille.

Les nouvelles concernant le marathon ne sont guère réjouissantes: cet hiver était extrêmement doux pour la Sibérie: - 8° ou -10° tout au plus ce n'est pas suffisant pour que ce lac immense gèle.

Début février je reçois un e-mail de la part de l'orga qui précise que le lac n'était quasiment pas gelé au 26 janvier, la glace a commencé à se former activement début février.

Mi-février un nouvel e-mail pas beaucoup plus rassurant qui précise que c'est dangereux de sortir sur la glace près de Listvyanka: un skieur est tombé sous la glace. Ceci est accompagné de vidéo du skieur malheureux qui était équipé d'une Go Pro.
http://www.arcinfo.ch/fr/monde/lac-baikal-la-glace-cede-sous-les-skis-d-un-fondeur-577-1419647

Ils ont pas peur les organisateurs de rebuter la moitié des participants avec ça?

cependant ça ne me préoccupe pas, j'ai des problèmes relativement sérieux avec mes billets d'avion et j'ai peur de ne pas y aller tout court. 2 semaines d'angoisse (je dors mal et j'ai des sueurs) mais finalement tout se passe bien et après 3h10 de vol Paris-Moscou, 5 heures d'escale et 5h15 de vol Moscou-Irkoutsk, j'atteris.
Bizzarement en regardant par le hublot je n'éprouve aucune émotion, je suis vidée.
Les émotions surgissent quand je vois ma maman de 88 ans et mon cousin (soulagement, je pensais être dépourvue d'une âme).

Le 28 février après une semaine de séjour chez ma maman qui me pouponnait (et moi qui ne sortais pas dehors par peur de chopper la crève) nous nous rendons à Listvyanka (lieu de départ ou bien de l'arrivée du marathon), c'est variable selon les années.
La météo est idéale: 0°, pas de vent et grand soleil, la glace qui brille, c'est la carte postale.
Je m'apprête à vivre le lendemain la même chose qu'en 2012.

Cependant au briefing le soir on nous précise bien que la météo au lac Baïkal est bien trop changeante, imprévisible, vent très fort possible surtout vers la fin du parcours. Le directeur déconseille des yatrax ou des intrax pour ceux qui n'ont pas l'habitude de courir avec: le majeure partie du parcours est couverte de neige et sur la neige ça ne sert à rien et peut gêner plus qu'autre chose.
Je fais connaissance avec quelques coureurs: Alexei et son adorable épouse et une autre coureuse qui comptent sagement courir le semi marathon.
Alexei fait aussi du triathlon et porte sur son poignée la 920 XT. déjà qu'elle n'est pas donnée en France, en Russie elle coûte un tiers plus cher!
Ma nuit est quasiment inexistante: trois heures de sommeil et après impossible de fermer l'oeil. heuresement il y a le wi-fi et facebook pour papoter avec les copains et copines en France (avec le décalage horaire). Marathonnerre m'apprend même qu'ils comptent prochaînement organiser un triathlon (en été, hein ;) ) Sarma triathlon
Bon, cela suffit les amis! =D

Enfin le jour se lève et la vue n'est pas du tout féerique: c'est gris, il y a du vent, il fait -12° ou -15°, la splendide chaîne de montagnes de l'autre côté: mais où est elle?
Nous nous dirigeons vers les overcrafts (aéroglisseurs) qui doivent nous emmener sur l'autre rive: 42 km. de trajet. Nous sommes 6 dans l'overcraft: une coureuse russe, un autre coureur russe qui discute avec son copain,brésilien, il me semble et qui affiche un maillot ironman en dessous de sa veste. A coté de moi un  français qui vit à Moscou.
Heuresement que nous n'avons pas le mal de mer parce que ça secoue beaucoup et l'overcraft avance soit droit, soit en crabe, pourquoi je ne sais strictement rien. La traversée a duré environ 1 heure. ce qu'on voit par "la fenêtre" semble hostile.

Vers l'arrivée on aperçoit qu'il neige pas mal. A la sortie nous sommes invités dans un bâtiment au bord du lac.  Ce bâtiment a été construit l'année dernière. Avant les coureurs se gêlaient dehors en attendant le départ.
Cette année le nombre record des participants: 180 dont une quarantaine pour le semi-marathon. (les éditions précédentes c'était 100-120, voire moins). L'organisation a reçu plus de 600 demandes d'inscription. Bien qu'ils s'améliorent de l'année en année,ils ne peuvent pas accueillir énormément à cause des problèmes logistiques (notamment le transfert par overcrafts).
Avant le départ nous sommes gâtés: thé, café, gâteaux, bonbons. Il y a des toilettes. 
Bon qui veut encore participer au marathon de Paris? (je rigole ;) ).
J'hésite longuement à mettre mes intrax et je les mets finalement dans mes poches au cas où...
(encore pleine de rêves et d'enthousiasme)
Enfin nous sommes invités vers la sortie: là c'est pas vraiment de la joie: il y a du vent et il neige. ça parle toutes les langues et un drone nous survole. Tout le monde est excité et exalté.

La tradition veut que chacun prenne un petit verre de lait, trempe son annulaire dedans et asperge les "quatre points cardinaux" en demandant au lac Baïkal de traverser son royaume. Le lac Baïkal est considéré ici comme un être vivant, majestueux, magique qui peut être sublime comme cruel, on ne conquiert jamais son espace, on peut juste demander la grâce.
Je crois que j'aurai un aperçu... même plus.

Un, deux, trois c'est parti!
Dès les premières foulées je comprends que ça va être très difficile: vent, neige qui colle aux lunettes et les pieds qui s'enfoncent jusqu'aux chevilles (15-20 cm. de poudreuse). Là ce n'est pas le patinage sur la glace mais le patinage dans la semoule. J'avance comme je peux. Le long serpent de coureurs se dessine devant moi.
2-3 km. après je jette un coup d'oeil à mon garmin, la vitesse moyenne n'excède pas les 6,5 km/h. Le moral en prend un coup. Par endroits nous traversons les fissures bien consolidées mais la neige et plus profonde et les blocs de glace ressortent en dessous. Par précaution je marche en traversant ces endroits. Nous avançons dans une tempête de neige. 


Au km. 5-6? je trébuche, un coureur juste derrière moi s'inquiéte (It's OK?) Je ne sais pas pourquoi je réponds OUI (le français maintenant c'est plus naturel pour moi que le russe). Il continue de me parler français. Ah, vous êtes français? On fait évidemment connaissance.
Il s'appelle Jean-Pierre et vit à Moscou depuis 14 ans. Je m'appelle Tatiana et vis en France depuis 18 ans. On en conclut que c'est le monde à l'envers!

  (credit photo Maria Shalneva)

Je fais part à Jean-Pierre de mes doutes de pouvoir terminer ce marathon parce que la vitesse moyenne ne permet pas d'espérer 6h00 (temps limite). Il me rassure en me disant qu'il a fait ce marathon en 2011 et on l'a laissé terminer en plus de 7h00. ça me met un peu de baume au coeur.
Je me retourne et lui dis: il y a encore plein de coureurs derrière nous.
Jean-Pierre me dit que ça peut être trompeur puisque en 2011 c'était pareil pour lui mais c'étaient les coureurs du semi et il est reparti tout seul pour l'autre moitié...
Hum, c'est réjouissant.

Jean-Pierre me fait remarquer que mon lacet gauche est défait, je m'arrête un peu et lui, il prend les devants.
1er ravito km. 10: noix chocolat, morceaux de fromage, fruits secs, thé. Je prends un peu de tout et 2 tasses de thé tiède. Le chocolat est très dur. On peut le casser et laisser fondre dans la bouche.
La neige s'arrête. J'ai bon espoir que ça deviendra plus facile de courir mais non c'est toujours pareil, c'est pas la surface damée comme en 2012.
Je rattrape tour à tour 2 coureuses russes et discute un peu avec.

Regarde mon chrono, il me semble qu'il s'est arrêté mais non c'est moi qui n'avance pas.
Semi marathon: déjà douleur à la hanche et tiraillement au tendon du genou.
Chrono: 3h23 (contrairement à 2h43 en 2012 et j'étais beaucoup moins rapide à l'époque). Les gens "sensés" diraient qu'avec un tel chrono au semi il faudrait arrêter le massacre mais de nature optimiste, je pense que ça ira mieux après et repars avec 2 jambes en bois.
Mes lunettes avec les verres oranges donnent à cette immensité blanche l'air un peu "ensoleillé" mais quand je regarde par dessus: c'est blanc à droite, c'est blanc à gauche, devant, derrière, on ne voit pas l'horizon, ni évidemment la chaîne de montagne qui sert "de ligne d'arrivée". Bizzarement je ne m'ennuis pas du tout.
Tout un tas de pensées positives comme négatives me traverse l'esprit. C'est un joyeux bazar dans ma tête.
Ma cagoule intégrée au maillot s'est transformée en croûte de glace, je la remplace par le buff. Le buff est humide de transpiration mais ne gèle pas.
Tout d'un coup j'entends le bruit très sourd venant des profondeurs. C'est la glace qui bouge. Rien ne se passe à la surface mais je cours plus vite, pas envie de voir une fissure se former sous mes pieds.

Km 28: Ravito et une nouvelle tempête de neige. Vous avez le choix: soit vous montez dans l'overcraft, soit vous continuez. Je demande: j'ai vraiment le choix? je peux continuer?
Ils répondent: on a reçu aucune instruction, les conditions sont extrêmes aujourd'hui.
Ben je continue. Il y a encore 5 coureurs derrière moi (enfin ceux qui sont visibles et je voyais encore il n'y a pas longtemps avant la 2ème tempête) et une dizaine de coureurs 1 ou 2 km. devant. Et puis si ça ne va pas on pourra toujours m'arrêter au prochain ravito (km. 35).
Le tempête durera environ 2 km.
  (credit photo Maria Shalneva)

Après il y a une éclaircie, même le soleil perce. je suis doublée par 2 coureurs.
Ravito du km. 35: tout ce qui est sur la table est couvert de neige. Sauf les noix. je prends des noix, 2 tasses de thé et c'est reparti.
C'est reparti....

7 km., c'est pas beaucoup 7 km? C'est presque fini et on peut même distinguer l'hôtel. Normalement en 1h00 et des brouettes ça doit être bouclé si on y met un peu d'effort?

Je n'ai jamais vécu les 7 km. les plus longs de ma vie..... Le vent latéral commence à souffler extrêmement fort. C'est "le mistral" par -10°. Ma veste se transforme en croûte. Heuresement elle est absolument impérméable au vent.
Je suis ratrappée par Jean-Pierre (que j'avais dépassé je ne sais plus à quel km.) C'est quand même rassurant de ne pas être seule perdue au milieu de nulle part. On discute des marathons qu'on a fait, il en est à son 58? (Jean-Pierre a plus de 60 ans et compte faire 100 marathons). Je suis à mon 10ème.

6 km. avant l'arrivée il commence d'abord partie blocs de glace dans le blizzard pas possible.

J'en peux plus et Jean-Pierre de nouveau part devant.
Ensuite il commence l'alternance de glace et de neige, partie dite "patinage artistique".

  (credit photo Maria Shalneva)

Je n'ai pas de crampons, bien que les intrax sont dans mes poches, c'est tout bonnement impossible de sortir les mains des gants au risque de les perdre dans la minute qui suit par le vent qu'il y a.


Vers la fin la luminosité est incroyable mais je ne peux pas sortir l'appareil photo non plus.
   (credit photo Maria Shalneva)
Je glisse sans arrêt, j'ai peur de tomber, même quand il y a les plaques de neige ça glisse en dessous.
Le neige déferle sur la glace noire avec des fissures à l'intérieur.





Par moments de nouveau j'entends des bruits sourds. C'est surréaliste. Là je suis incapable d'aller plus vite, ou peut être capable mais j'ai vraiment peur de tomber et que ça se termine ainsi. Je ne prendrai aucun risque. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour éclater ma tête contre la glace. J'avance en marchant tout doucement. 2 km; avant l'arrivée je suis doublée par les 2 derniers coureurs.
ça ne ne se termine pas, je chiale sous mes          

 Crédit photo Masaki Nakamura
lunettes en répétant toutes les deux secondes: s'il vous plaît, s'il vous plaît, laissez moi terminer. En fait c'est pas l'orga que je prie de me laisser terminer, c'est le lac Baïkal que je supplie.
300 m. avant l'arrivée un moto-neige approche derrière moi et me propose de monter, je fais juste un signe de main: non.
Mais ça va pas ou quoi?
100 m. Un bénévole m'aide à traverser les planches glissantes posées audessus d'une fissure et me dit: vas-y, là tu dois terminer toute seule.
Je me jette dans les bras de bénévoles qui m'annoncent 7h36 et me décernent le prix "de dernier": breloque un chat qui a attrapé un poisson :) (en fait j'étais même pas la dernière, un coureur est arrivé juste derrière moi, je ne l'ai pas vu). Je chiale dans les bras de mon cousin et de ses amis qui m'attendent à l'arrivée (et moi qui pensais de ne plus jamais pleurer après les marathons). A l'hôtel c'est ma maman qui m'attend et qui a vu mon arrivée. Ma veste orange pétant se voyait de loin.
Mes proches sont là, me félicitent. Je suis prise par les tremblements et mes mains ça donne ça:

On se rend à la soirée de gala très en retard et je cherche mon diplôme parmi les restants.
On m'annonce mon nom et me délivre ma médaille et mon diplôme.
Je n'ai pas de forces pour rester manger. et on me livre mon polo de finisher 1 heure après directement dans la chambre.


Je suis très contente d'arriver au bout, d'avoir accompli mon rêve (qui s'est transformé un peu en cauchemar il faut le dire), non je ne suis pas sur mon nuage comme je l'étais il y a trois ans.
C'était une belle leçon d'humilité et ça pemet de remettre les idées en place.

le lendemain le petit déjeuner, toute une tablée de coureurs pose la question au directeur: et le dernier a terminé en combien?
Je lève la main: c'est moi en 7h36 au compteur.
Bien évidemment je ne suis pas lapidée mais chaleureusement félicitée pour mon courage..
Il y a des courses comme ça où le seul but c'est d'arriver au bout.
Et puis Jean-Pierre me félicite aussi, par ailleurs je ne l'aurais même pas reconnu: affublés comme nous étions ;) avec des lunettes et des cagoules. Il m'a reconnu parce que je lui ai parlé de ma maman et elle était à coté.
Je remercie le directeur de m'avoir laisser terminer. Il répond que les conditions étaient extrêmes et le temps limite a été supprimé. De plus c'étaient les conditions les plus difficiles depuis le début (pour cette XI édition).
Ouahh j'ai bien choisi mon année. J'ai payé pour courir dans les conditions extrêmes, j'ai eu pour mon argent, je crois...

Le plus difficile de ce voyage: ce n'est pas le marathon mais voir ma maman si diminuée physiquement à 88 ans bien qu'elle arrive encore à s'en sortir pour l'instant en vivant seule...
Bref, j'ai pris une "belle claque".
Mais c'est la vie...

Photos Masaki Nakamura
Photos Maria Shalneva