mercredi 3 juin 2015

Triathlon de Cergy.... trois drôles de relayeuses.

Il est déjà loin ce jour quand Mia a fait son 1er triathlon de Torcy et sans peut être le savoir elle m'a donné envie de m'y lancer. Je me suis lancée, j'ai adoré et j'y suis restée au contraire de Mia qui a été traumatisée par l'eau froide à 15° ce qui ne lui a pas donné envie de renouveler l'expérience. 8) 
On a l'habitude de temps en temps de se retrouver chez Mia avec Gisèle pour papoter, fêter tout et n'importe quoi et cette année on a des choses à fêter : Mia son 80 km. de l'éco trail, moi le marathon du lac Baïkal et Gisèle peut fêter la guerison de sa cheville cassée l'année dernière. :icon_fete: 
Mia nous apprend l'existence du triathlon de Cergy, je tente en vain de la convaincre mais non impossible !
Mais que voulez-vous on a bu un peu de bulles et je tente le dernier joker en descendant les escaliers : les filles et si on faisait ça en relais ? Mia, on te laisse la course à pied ! Gisèle dit qu'elle est plus à l'aise sur le vélo, bon ben il me reste la natation, bien que sois pas une flèche en natation, ça me pose pas de souci. On a « scellé » notre contrat en topant dans la main juste à la sortie de l'immeuble. :lol: 
Ça ressemble un peu à ça quand même

ça fait deux mois qu'on piaffe d'impatience. Enfin le jour J est arrivé. On nous promet de la pluie mais pour l'après midi.

Arrivés sur les lieux, retiré les dossards, puce, t-shirts finishers (à notre taille) avant d'avoir commencé. J'enfile la combi, il est temps d'y aller. Le maxi CD part une dizaine de minutes avant le découverte. Pour le découverte on a 550 m. de natation, 21 de vélo et 5 km. de CAP.

On ne peut pas dire que je suis folle de joie de nager. J'aime nager mais toute seule... 

Là on me montre le parcours et ça me semble excessivement long ; ça fait 550 m. ? nooon ? Mais c'est long !
Mes copines sont là pour m'encourager allez hop c'est parti.

Je suis les gens qui sont devant, un gars juste à coté de moi brasse et me donne des coups, je sais bien que chacun a droit de nager comme il veut mais ça m'agaaaaace ! J'arrive à le semer quand même. J'applique mon crawl, j'allonge, j'essaye d'appliquer les conseils de mon entraîneur et sortir le bras loin derrière, bref tout va bien.Sauf que c'est long, bordel ! :icon_surpris: 


Enfin la sortie, je me retourne pour voir s'il y a du monde derrière, un bénévole : vite Madame vite, ils arrivent ! Je cours vers l'emplacement vélo et je vois Gisèle qui... n'est pas prête ! Pas de casque sur la tête, chaussures vélo pas enfilées . :icon_police: 
Moi incrédule : Mais Gisèle qu'est-ce que tu fais ?
Mais je ne t'attendais pas si vite, répond-elle.
En regardant mon chrono je la comprends 15'41  pour 665 m. en gros 100m. de plus mais avec une moyenne 2'21 /100 m. ça ne m'arrive qu'en piscine avec pull boy. Il devait y avoir un courant secret dans le lac de Cergy, c'est pas possible ! :icon_ptdr: 




Je refile la puce à Gisèle et elle se lance à son tour. 
Voilà qu'on attend son retour avec Mia mais il commence à pleuvoir très fort, on pense à Gisèle, ça doit pas être drôle de rouler sous la pluie battante et surtout dangereux. Pendant ce temps là je reluque des belles machines qui arrivent une après une dans le parc à vélo. C'est tout juste s'il n'y a pas la bave qui coule. :P 
53' après Gisèle arrive, je cours à sa rencontre pendant que Mia jette son parapluie et se débarrasse de sa veste. Puce refilée à Mia et elle part en trombe. 

27' après elle accompli son relais avec succès, elle a tout donné.


On va se ravitailler, le ravito très bien garni, par ailleurs il y avait du saucisson pour notre plus grand bonheur ! :icon_langue: 
Comme d'hab nos aventures se finissent généralement au restau, puis de retour chez Mia arrosé juste avec une petite coupette de champagne, il faut pas croire on a une hygiène de vie assez stricte !
Bon devinez quoi ? On a topé dans la main pour l'année prochaine pour le maxi CD : 1600 m. de natation, 53 de vélo et 11,5 de course à pied. :ICON_FOU: L'effet du champagne quoi ! Il faut faire gaffe de ne pas arriver à un ironman en relais dans quelques années ! Mais j'envoie Mia à la nage et je fais qu'un « petit » marathon dans ce cas là... désolée pour Gisèle qui aura 180 bornes à faire en vélo. :?

mardi 26 mai 2015

Triathlon d'Enghien les Bains ouverture de la saison.

C'était la troisième édition pour moi de ce tri XS par lequel j'ai commencé ma « carrière de triathlète » en 2013.
La première année en parfaite touriste, natation en brasse, sans entraînement vélo, avec un VTT trop lourd (18 kg, le machin) et avec une selle trop basse (n'en parlons pas de fourche à l'envers) je ne pouvais pas faire d'étincelles, évidemment. :ICON_FOU:
L'année dernière ça allait beaucoup mieux avec un vélo de course et progression en course à pied non négligeable. J'ai terminé 400 m. de natation (ramassé 480), 11 km. de vélo et 3 km. de CAP en 1h05'12 .
Cette année j'espère quand même approcher 1h00. :? Mais bon ma forme de l'année est très, très moyenne. Les exploits du début d'année, les soins dentaires récents et la ménopause naissante n'arrangent pas les choses et disons plutôt que j'arrive à me maintenir avec plus de bas que de hauts.
Aujourd'hui comme les années précédentes c'est mon fils qui m'emmène à Enghien, c'est sa punition annuelle (j'ai rajouté à cette punition le triathlon de Chantilly également). :ICON_MDR:
Arrivés à Enghien suffisamment tôt pour avoir une place de parking, retrait de dossards super rapide, le joli t-shirt noir pour une fois à ma taille. Cool !




Je vais m'installer dans le parc à vélo, tout bien comme il faut, je sais comment ça se passe maintenant. :icon_langue:

Là il y a Nano qui m'appelle (une ancienne CAFeuse pour ceux qui s'en souviennent). Quelle belle surprise ! Ce sera son premier triathlon.
On papote, on papote, ça fait trèèès longtemps qu'on s'est pas vues. Je croise aussi les gars de mon club.
Il est temps de se diriger vers le départ, l'eau trouble et quelques odeurs n'inspirent pas confiance mais quand il faut y aller, il faut y aller !
Bénévole : Atttentttion ! 1' avant le départ, pour ceux qui ne savent pas nager c'est trop tard ! :icon_surpris:
L'eau est annoncée à 19°, c'est les tropiques! il y a deux ans elle était à 14° ;)

Je sais nager moa, le problème que je ne vais pas vite et me place en arrière pour ne pas prendre de coups, parce que boire la tasse du lac d'Enghien ce n'est ma tasse de thé, voilà.
Après 14'33 de natation pour 430 m. (meilleure trajectoire par rapport à l'année dernière) il faut sortir. Sauf que je ne sais pas ce qu'ils ont fait cette année, ils ont installé un mur d'escalade à la sortie d'eau. Personne ne peut sortir par ses propres moyens, c'est vraiment en pente et super glissant. Le bénévole me tire par le bras droit, doucement, doucement (je tiens à mon épaule déboîtée 3 fois déjà).
Mon emplacement est à l'autre bout du parc, du coup les 390 m. de trottinage et enlèvement de la combi (au passage je me suis retournée l'ongle, aïeeee), mise de chaussures, lunettes et casque me prendront 6'36 .
Le vélo ! C'est là que j'espère gagner du temps parce que je me suis entraînée quand même pendant tout une année et j'ai les pédales automatiques (mdr). Que nenni ! Je double quand même un peu mais les virages je ne sais pas les prendre et ralentis vâchement, en plus le pompom je me suis trompée 2 fois de direction :x (fait le demi tour sur le rond point avant celui qu'il fallait et au retour pris le virage à droite tandis qu'il fallait aller tout droit). Et ce malgré la présence de bénévoles et le parcours que je connaissais déjà. Du coup quasi même moyenne kilométrique que l'année dernière. (22,9 - 23,0)



Et puis la course à pied je pensais vraiment que c'était la cata mais en fait pas tant que ça : 15'41  et 15'23 en 2014
Résultat global 1h6'59 contre 1h5'12 en 2014.
Pas de progression mais pas de cata. Je suis déçue un peu tout de même mais bon c'est pas bien grave. J'ai pris du plaisir, il faisait beau, que demander de plus. Petit débriefing avec Nano j'espère que cette expérience ça lui a plu et qu'elle deviendra accro comme moi.

dimanche 8 mars 2015

Baikal Ice marathon

Je ne vais pas de nouveau raconter pourquoi j'ai voulu tant courir le marathon du lac Baïkal et pourquoi c'est si important pour moi.
mon récit du semi marathon 2012 ici

J'ai déjà participé au semi-marathon en 2012 et ce ne fût que du bonheur: soleil, pas de vent, neige et glace qui scintillent et l'arrivée avec un sourire digne de pub dentifrice Colgate.
En 2h43 tout de même avec les chronos de 2h10 à l'époque pour un semi dit "normal".
Trois ans sont passés depuis, je me suis considérablement améliorée en course à pied et ça me permet d'espérer de boucler ce marathon au moins en 6 heures (temps limite). Mais j'y vais avant tout pour retrouver ma maman et ma famille.

Les nouvelles concernant le marathon ne sont guère réjouissantes: cet hiver était extrêmement doux pour la Sibérie: - 8° ou -10° tout au plus ce n'est pas suffisant pour que ce lac immense gèle.

Début février je reçois un e-mail de la part de l'orga qui précise que le lac n'était quasiment pas gelé au 26 janvier, la glace a commencé à se former activement début février.

Mi-février un nouvel e-mail pas beaucoup plus rassurant qui précise que c'est dangereux de sortir sur la glace près de Listvyanka: un skieur est tombé sous la glace. Ceci est accompagné de vidéo du skieur malheureux qui était équipé d'une Go Pro.
http://www.arcinfo.ch/fr/monde/lac-baikal-la-glace-cede-sous-les-skis-d-un-fondeur-577-1419647

Ils ont pas peur les organisateurs de rebuter la moitié des participants avec ça?

cependant ça ne me préoccupe pas, j'ai des problèmes relativement sérieux avec mes billets d'avion et j'ai peur de ne pas y aller tout court. 2 semaines d'angoisse (je dors mal et j'ai des sueurs) mais finalement tout se passe bien et après 3h10 de vol Paris-Moscou, 5 heures d'escale et 5h15 de vol Moscou-Irkoutsk, j'atteris.
Bizzarement en regardant par le hublot je n'éprouve aucune émotion, je suis vidée.
Les émotions surgissent quand je vois ma maman de 88 ans et mon cousin (soulagement, je pensais être dépourvue d'une âme).

Le 28 février après une semaine de séjour chez ma maman qui me pouponnait (et moi qui ne sortais pas dehors par peur de chopper la crève) nous nous rendons à Listvyanka (lieu de départ ou bien de l'arrivée du marathon), c'est variable selon les années.
La météo est idéale: 0°, pas de vent et grand soleil, la glace qui brille, c'est la carte postale.
Je m'apprête à vivre le lendemain la même chose qu'en 2012.

Cependant au briefing le soir on nous précise bien que la météo au lac Baïkal est bien trop changeante, imprévisible, vent très fort possible surtout vers la fin du parcours. Le directeur déconseille des yatrax ou des intrax pour ceux qui n'ont pas l'habitude de courir avec: le majeure partie du parcours est couverte de neige et sur la neige ça ne sert à rien et peut gêner plus qu'autre chose.
Je fais connaissance avec quelques coureurs: Alexei et son adorable épouse et une autre coureuse qui comptent sagement courir le semi marathon.
Alexei fait aussi du triathlon et porte sur son poignée la 920 XT. déjà qu'elle n'est pas donnée en France, en Russie elle coûte un tiers plus cher!
Ma nuit est quasiment inexistante: trois heures de sommeil et après impossible de fermer l'oeil. heuresement il y a le wi-fi et facebook pour papoter avec les copains et copines en France (avec le décalage horaire). Marathonnerre m'apprend même qu'ils comptent prochaînement organiser un triathlon (en été, hein ;) ) Sarma triathlon
Bon, cela suffit les amis! =D

Enfin le jour se lève et la vue n'est pas du tout féerique: c'est gris, il y a du vent, il fait -12° ou -15°, la splendide chaîne de montagnes de l'autre côté: mais où est elle?
Nous nous dirigeons vers les overcrafts (aéroglisseurs) qui doivent nous emmener sur l'autre rive: 42 km. de trajet. Nous sommes 6 dans l'overcraft: une coureuse russe, un autre coureur russe qui discute avec son copain,brésilien, il me semble et qui affiche un maillot ironman en dessous de sa veste. A coté de moi un  français qui vit à Moscou.
Heuresement que nous n'avons pas le mal de mer parce que ça secoue beaucoup et l'overcraft avance soit droit, soit en crabe, pourquoi je ne sais strictement rien. La traversée a duré environ 1 heure. ce qu'on voit par "la fenêtre" semble hostile.

Vers l'arrivée on aperçoit qu'il neige pas mal. A la sortie nous sommes invités dans un bâtiment au bord du lac.  Ce bâtiment a été construit l'année dernière. Avant les coureurs se gêlaient dehors en attendant le départ.
Cette année le nombre record des participants: 180 dont une quarantaine pour le semi-marathon. (les éditions précédentes c'était 100-120, voire moins). L'organisation a reçu plus de 600 demandes d'inscription. Bien qu'ils s'améliorent de l'année en année,ils ne peuvent pas accueillir énormément à cause des problèmes logistiques (notamment le transfert par overcrafts).
Avant le départ nous sommes gâtés: thé, café, gâteaux, bonbons. Il y a des toilettes. 
Bon qui veut encore participer au marathon de Paris? (je rigole ;) ).
J'hésite longuement à mettre mes intrax et je les mets finalement dans mes poches au cas où...
(encore pleine de rêves et d'enthousiasme)
Enfin nous sommes invités vers la sortie: là c'est pas vraiment de la joie: il y a du vent et il neige. ça parle toutes les langues et un drone nous survole. Tout le monde est excité et exalté.

La tradition veut que chacun prenne un petit verre de lait, trempe son annulaire dedans et asperge les "quatre points cardinaux" en demandant au lac Baïkal de traverser son royaume. Le lac Baïkal est considéré ici comme un être vivant, majestueux, magique qui peut être sublime comme cruel, on ne conquiert jamais son espace, on peut juste demander la grâce.
Je crois que j'aurai un aperçu... même plus.

Un, deux, trois c'est parti!
Dès les premières foulées je comprends que ça va être très difficile: vent, neige qui colle aux lunettes et les pieds qui s'enfoncent jusqu'aux chevilles (15-20 cm. de poudreuse). Là ce n'est pas le patinage sur la glace mais le patinage dans la semoule. J'avance comme je peux. Le long serpent de coureurs se dessine devant moi.
2-3 km. après je jette un coup d'oeil à mon garmin, la vitesse moyenne n'excède pas les 6,5 km/h. Le moral en prend un coup. Par endroits nous traversons les fissures bien consolidées mais la neige et plus profonde et les blocs de glace ressortent en dessous. Par précaution je marche en traversant ces endroits. Nous avançons dans une tempête de neige. 


Au km. 5-6? je trébuche, un coureur juste derrière moi s'inquiéte (It's OK?) Je ne sais pas pourquoi je réponds OUI (le français maintenant c'est plus naturel pour moi que le russe). Il continue de me parler français. Ah, vous êtes français? On fait évidemment connaissance.
Il s'appelle Jean-Pierre et vit à Moscou depuis 14 ans. Je m'appelle Tatiana et vis en France depuis 18 ans. On en conclut que c'est le monde à l'envers!

  (credit photo Maria Shalneva)

Je fais part à Jean-Pierre de mes doutes de pouvoir terminer ce marathon parce que la vitesse moyenne ne permet pas d'espérer 6h00 (temps limite). Il me rassure en me disant qu'il a fait ce marathon en 2011 et on l'a laissé terminer en plus de 7h00. ça me met un peu de baume au coeur.
Je me retourne et lui dis: il y a encore plein de coureurs derrière nous.
Jean-Pierre me dit que ça peut être trompeur puisque en 2011 c'était pareil pour lui mais c'étaient les coureurs du semi et il est reparti tout seul pour l'autre moitié...
Hum, c'est réjouissant.

Jean-Pierre me fait remarquer que mon lacet gauche est défait, je m'arrête un peu et lui, il prend les devants.
1er ravito km. 10: noix chocolat, morceaux de fromage, fruits secs, thé. Je prends un peu de tout et 2 tasses de thé tiède. Le chocolat est très dur. On peut le casser et laisser fondre dans la bouche.
La neige s'arrête. J'ai bon espoir que ça deviendra plus facile de courir mais non c'est toujours pareil, c'est pas la surface damée comme en 2012.
Je rattrape tour à tour 2 coureuses russes et discute un peu avec.

Regarde mon chrono, il me semble qu'il s'est arrêté mais non c'est moi qui n'avance pas.
Semi marathon: déjà douleur à la hanche et tiraillement au tendon du genou.
Chrono: 3h23 (contrairement à 2h43 en 2012 et j'étais beaucoup moins rapide à l'époque). Les gens "sensés" diraient qu'avec un tel chrono au semi il faudrait arrêter le massacre mais de nature optimiste, je pense que ça ira mieux après et repars avec 2 jambes en bois.
Mes lunettes avec les verres oranges donnent à cette immensité blanche l'air un peu "ensoleillé" mais quand je regarde par dessus: c'est blanc à droite, c'est blanc à gauche, devant, derrière, on ne voit pas l'horizon, ni évidemment la chaîne de montagne qui sert "de ligne d'arrivée". Bizzarement je ne m'ennuis pas du tout.
Tout un tas de pensées positives comme négatives me traverse l'esprit. C'est un joyeux bazar dans ma tête.
Ma cagoule intégrée au maillot s'est transformée en croûte de glace, je la remplace par le buff. Le buff est humide de transpiration mais ne gèle pas.
Tout d'un coup j'entends le bruit très sourd venant des profondeurs. C'est la glace qui bouge. Rien ne se passe à la surface mais je cours plus vite, pas envie de voir une fissure se former sous mes pieds.

Km 28: Ravito et une nouvelle tempête de neige. Vous avez le choix: soit vous montez dans l'overcraft, soit vous continuez. Je demande: j'ai vraiment le choix? je peux continuer?
Ils répondent: on a reçu aucune instruction, les conditions sont extrêmes aujourd'hui.
Ben je continue. Il y a encore 5 coureurs derrière moi (enfin ceux qui sont visibles et je voyais encore il n'y a pas longtemps avant la 2ème tempête) et une dizaine de coureurs 1 ou 2 km. devant. Et puis si ça ne va pas on pourra toujours m'arrêter au prochain ravito (km. 35).
Le tempête durera environ 2 km.
  (credit photo Maria Shalneva)

Après il y a une éclaircie, même le soleil perce. je suis doublée par 2 coureurs.
Ravito du km. 35: tout ce qui est sur la table est couvert de neige. Sauf les noix. je prends des noix, 2 tasses de thé et c'est reparti.
C'est reparti....

7 km., c'est pas beaucoup 7 km? C'est presque fini et on peut même distinguer l'hôtel. Normalement en 1h00 et des brouettes ça doit être bouclé si on y met un peu d'effort?

Je n'ai jamais vécu les 7 km. les plus longs de ma vie..... Le vent latéral commence à souffler extrêmement fort. C'est "le mistral" par -10°. Ma veste se transforme en croûte. Heuresement elle est absolument impérméable au vent.
Je suis ratrappée par Jean-Pierre (que j'avais dépassé je ne sais plus à quel km.) C'est quand même rassurant de ne pas être seule perdue au milieu de nulle part. On discute des marathons qu'on a fait, il en est à son 58? (Jean-Pierre a plus de 60 ans et compte faire 100 marathons). Je suis à mon 10ème.

6 km. avant l'arrivée il commence d'abord partie blocs de glace dans le blizzard pas possible.

J'en peux plus et Jean-Pierre de nouveau part devant.
Ensuite il commence l'alternance de glace et de neige, partie dite "patinage artistique".

  (credit photo Maria Shalneva)

Je n'ai pas de crampons, bien que les intrax sont dans mes poches, c'est tout bonnement impossible de sortir les mains des gants au risque de les perdre dans la minute qui suit par le vent qu'il y a.


Vers la fin la luminosité est incroyable mais je ne peux pas sortir l'appareil photo non plus.
   (credit photo Maria Shalneva)
Je glisse sans arrêt, j'ai peur de tomber, même quand il y a les plaques de neige ça glisse en dessous.
Le neige déferle sur la glace noire avec des fissures à l'intérieur.





Par moments de nouveau j'entends des bruits sourds. C'est surréaliste. Là je suis incapable d'aller plus vite, ou peut être capable mais j'ai vraiment peur de tomber et que ça se termine ainsi. Je ne prendrai aucun risque. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour éclater ma tête contre la glace. J'avance en marchant tout doucement. 2 km; avant l'arrivée je suis doublée par les 2 derniers coureurs.
ça ne ne se termine pas, je chiale sous mes          

 Crédit photo Masaki Nakamura
lunettes en répétant toutes les deux secondes: s'il vous plaît, s'il vous plaît, laissez moi terminer. En fait c'est pas l'orga que je prie de me laisser terminer, c'est le lac Baïkal que je supplie.
300 m. avant l'arrivée un moto-neige approche derrière moi et me propose de monter, je fais juste un signe de main: non.
Mais ça va pas ou quoi?
100 m. Un bénévole m'aide à traverser les planches glissantes posées audessus d'une fissure et me dit: vas-y, là tu dois terminer toute seule.
Je me jette dans les bras de bénévoles qui m'annoncent 7h36 et me décernent le prix "de dernier": breloque un chat qui a attrapé un poisson :) (en fait j'étais même pas la dernière, un coureur est arrivé juste derrière moi, je ne l'ai pas vu). Je chiale dans les bras de mon cousin et de ses amis qui m'attendent à l'arrivée (et moi qui pensais de ne plus jamais pleurer après les marathons). A l'hôtel c'est ma maman qui m'attend et qui a vu mon arrivée. Ma veste orange pétant se voyait de loin.
Mes proches sont là, me félicitent. Je suis prise par les tremblements et mes mains ça donne ça:

On se rend à la soirée de gala très en retard et je cherche mon diplôme parmi les restants.
On m'annonce mon nom et me délivre ma médaille et mon diplôme.
Je n'ai pas de forces pour rester manger. et on me livre mon polo de finisher 1 heure après directement dans la chambre.


Je suis très contente d'arriver au bout, d'avoir accompli mon rêve (qui s'est transformé un peu en cauchemar il faut le dire), non je ne suis pas sur mon nuage comme je l'étais il y a trois ans.
C'était une belle leçon d'humilité et ça pemet de remettre les idées en place.

le lendemain le petit déjeuner, toute une tablée de coureurs pose la question au directeur: et le dernier a terminé en combien?
Je lève la main: c'est moi en 7h36 au compteur.
Bien évidemment je ne suis pas lapidée mais chaleureusement félicitée pour mon courage..
Il y a des courses comme ça où le seul but c'est d'arriver au bout.
Et puis Jean-Pierre me félicite aussi, par ailleurs je ne l'aurais même pas reconnu: affublés comme nous étions ;) avec des lunettes et des cagoules. Il m'a reconnu parce que je lui ai parlé de ma maman et elle était à coté.
Je remercie le directeur de m'avoir laisser terminer. Il répond que les conditions étaient extrêmes et le temps limite a été supprimé. De plus c'étaient les conditions les plus difficiles depuis le début (pour cette XI édition).
Ouahh j'ai bien choisi mon année. J'ai payé pour courir dans les conditions extrêmes, j'ai eu pour mon argent, je crois...

Le plus difficile de ce voyage: ce n'est pas le marathon mais voir ma maman si diminuée physiquement à 88 ans bien qu'elle arrive encore à s'en sortir pour l'instant en vivant seule...
Bref, j'ai pris une "belle claque".
Mais c'est la vie...

Photos Masaki Nakamura
Photos Maria Shalneva

lundi 22 septembre 2014

Petit tour de 42.195 km. à Tours

Le marathon est une distance particulière pour moi. Mon 1er marathon je l’ai fait en 2009, seulement 1 an et demi après m’être lancée dans la CAP et une perte de poids conséquente mais progressive (5h18 au compteur pour le 1er)

Trop tôt me diriez-vous ?

Mais voilà les années passent mais je ne m’améliore pas vraiment. Il m’a fallu attendre fin 2012 (7ème marathon) pour passer en dessous des 5h00, 2013 idem (4h55 et 4h53). Toujours terminé dans la difficulté, en larmes en franchissant la ligne. Pourtant je ne suis pas sous entrainée, je fais ce qu’il faut, je respecte les plans d’entrainement, 4 fois par semaine, fais les sorties longues et tout et tout.
Alors j’en ai marreeu ! Pourquoi ? Pourquoi quand les autres progressent pour moi ça reste si difficile ?

Alors il n’y a pas : je manque d’endurance (et de vitesse) je ne fais jamais de renforcement musculaire, il faut que je fasse autre chose. Je décide de ne pas faire de marathon au printemps 2014, Je m’inscris au club de triathlon, natation 2xsemaine en plus de 3-4 séances de cap, renforcement musculaire et à partir du printemps dernier je rajoute du vélo… (et il y a de la rando en plus) tout en faisant attention à mon taux de fer et ne pas en faire trop en même temps. Et travailler les courtes distances avant tout.

Compliqué tout ça mais les chronos tombent cette année les uns après les autres et même 2 podiums (et moi qui croyais que ça n’arriverait jamais).

L’organisation du 1er marathon de Tours, j’ai entendu parler lors de mon dernier marathon à Azay-le-Rideau en avril 2013, ça me plait bien de tester les 1ères éditions (déjà testé Vincennes et Strasbourg), la région est très jolie, le parcours sur les pistes cyclables du Loir et Cher avec le passage dans les jardins du Château de Villandry  et puis Tours est connu déjà pour ses célèbres 10 et 20 km.

Le but est fixé. J’ai commencé le plan d’entrainement fin juillet après le retour de vacances (sur 8 semaines). Plan d’entrainement suivi quasi à la lettre, sauf j’ai fait très peu de sorties longues. Une de 2h30, 2 autres aux alentours de 1h50 mais 2 triathlons dont un en 3h20 (une belle sortie longue, ça !).
Mais je ne veux et je ne peux plus m’enfermer que dans la course à pied, cela ne me suffit pas.
En 8 semaines de prépa ça a donné :

Selon le calcul théorique de mon meilleur temps sur 10 km. je peux espérer entre 4h05 et 4h08 au marathon. Mais j’ai compris il y a bien longtemps qu’entre la théorie et la pratique dans mon cas il y a un grand fossé. Alors je table entre 4h12 et 4h15. Avec un peu de casse vers la fin 4h20 ça me plairait bien.
Cette fois je me rends à Tours toute seule. Pas de copines, pas de mari… je n’ai convaincu personne cette fois. C’est pas grave, j’aime bien aussi d’être de temps en temps seule, face à moi-même.
Arrivée à Tours dans l’après-midi, trouvé le retrait de dossards assez facilement (au top avec mon sens d’orientation légendaire). La dotation est juste superbe : un très beau coupe-vent Asics (à la bonne taille SVP), 2 bouteilles de vin, un sac rempli de prospectus et quelques bricoles).


Cette 1ère édition connait un succès énorme : + de 3500 inscrits (en nombre de participants devenu 6ème marathon de France), hôtellerie complète et 1000 demandes d’inscriptions refusées. Ça ne risquait pas de m’arriver, je me suis inscrite à l’ouverture (il y a 6 mois).
Le soir un petit tour à … Tours et je rentre à l’hôtel, un chouïa stressée quand même. Sur France 3 ils font un reportage spécial sur l’organisation du marathon et détaillent même le parcours, en annonçant le long faux plat montant du 30ème au 38ème km. Ah bien voilà ce qui ne va pas arranger les choses. Je compte quand même sur la météo annoncée beaucoup moins chaude que ces 2 dernières semaines.
Réveillée à 3 heures du matin, bon, rien d’étonnant… je regarde la télé et essaye de somnoler.
Enfin sur la ligne de départ, malgré la fraîcheur annoncée, il fait déjà suffisamment chaud et surtout lourd. Et enfin le moment tant attendu est arrivé : c’est parti… pour combien au bout ?

Je me dis que ça de l’importance, certes, mais peu en même temps. Ce marathon je le cours pour Fanny, tout en n’oubliant pas que nos vies ne tiennent pas à grand-chose… alors le chrono… on fait de notre mieux et puis c’est tout ce qu’il compte.
Le meneur d’allure des 4h30 disparait de mon champ de vision peu après le départ, pourtant je suis sur les bases de 4h12-4h15 à 10,1 km/h et super régulière jusqu’au km. 19. Aucune difficulté malgré que j’ai déjà assez chaud. Au km. 5 un petit couac : plus d’eau. Je ne fais jamais confiance à l’orga et me trimballe toujours avec mon bidon de 400ml pour faire face à tout imprévu.

Donc après le km. 19, juste après la sortie des jardins du Château de Villandry (quelques centaines de mètres sur les pavés et gravillons) je remarque que l’allure commence à baisser. La fatigue gagne du terrain. Le semi passé en 2h07. Beaucoup de spectateurs dans les villages ou bien le pont pour traverser le Cher. Les prénoms inscrits sur les dossards et avec mon prénom peu commun, j’ai droit à beaucoup d’encouragements et comme je remercie chacun qui s’adresse à moi ou lève la main, ils scandent le prénom encore plus. J’ai l’impression d’être une star !

Et voilà du 30ème au 38ème : longue ligne droite en faux plat montant (peu montant mais bien cassant) et en plein soleil : beaucoup marchent, c’est le festival des ambulances, alors je me dis : c’est évident, ton 4h15 tu n’auras pas, alors continues du mieux que tu peux sans prendre des risques de chopper les crampes ou te retrouver dans une ambulance. C’est très dur, je marchouille de temps en temps mais très peu et bois et m’arrose beaucoup. Une petite fille en voyant mon état vraiment pas frais, me demande : t’es fatiguée, Madame ?
Ouiii, répondu dans un souffle. La ligne d’arrivée approche, je trouve des forces pour accélérer. J’entends mon prénom de toute part, pourtant je ne connais personne ici. Si, il y a une copine qui m’a pris en photo mais parmi tous ces cris et encouragements je ne savais pas que c’était elle. 

Ligne d’arrivée franchie, appuyé sur le bouton 4h34’46 pour 42km640 m. Même si le chrono espéré n’est pas atteint, j’améliore mon chrono précédent sur le marathon presque de 20’.

Bien sûr que je ne suis pas déçue du tout même très heureuse, mais il y a toujours quelque chose qui manque pour tenir l’allure prévue tout le long du marathon.
Ce n’est pas bien grave, je vais continuer à travailler. Tout en alliant travail et plaisir !

Je rentre à l’hôtel pour récupérer mes affaires, on me propose très gentiment la douche (quel bonheur) et puis ma traditionnelle bière est offerte par le bar de l’hôtel !

Je remercie infiniment toutes et tous qui m’ont envoyé les messages FB et les sms dont certains m’ont fait verser quelques larmes avant le départ (elles se reconnaitront).





dimanche 7 septembre 2014

Triathlon de Gerardmer 500m/20 km/5,5 km.

Ce triathlon est mon 4ème de la saison et le 3ème que j'avais programmé avec Gisèle depuis le début de l'année. Gisèle ne peut toujours pas courir depuis 6 mois à cause de sa cheville fracturée mais nous ne renonçons pas pour passer un super WE entre copines. Les dossards sont payés depuis un bail, la chambre d'hôtel idem, alors on y va! D'autant plus après l'été un peu (beaucoup) pourri au niveau météo, ce début septembre s'annonce estival.
Un beau RDV CAF (Courir au féminin) nous attend: les rencontres virtuelles doivent se transformer en réelles: on doit rencontrer Trirunneuse (Guillemette) qui fait le M dimanche et également Réjane qui se lance sur un halfironman et pas des plus faciles!
La semaine avant le départ Mia et Gisèle (toutes les deux originaires des Vosges) insistent lourdement (mdr) sur la difficulté de la côte à monter (1,5 km. avec une pente entre 6 et 7%). je veux bien me faire peur mais comme le dpt. 93 est vraiment plat de chez plat et les sorties que je fais font au maximum 20/30 m. de D+/-, je ne représente même pas ce que c'est! pas la peine les filles, j'irai quand même (pour la petite histoire Mia a renoncé à ce tri il y a 2 ans à cause de cette fameuse côte). En plus Mia arrive même à rajouter: maman me dit: déjà qu'en voiture j'ai du mal, alors en vélo.... Hic.
On arrive avec Gisèle samedi après midi, on dépose les affaires à l'hôtel et vite, vite direction le lac pour retrouver Guillemette et puis pas question de louper l'arrivée de Réjane.
Un coup de fil, Guillemette nous explique où elle se trouve, Gisèle me dit qu'elle la reconnaitra peut être pas, mais moi j'ai étudié ses photos en long, large et en travers, quasi sûre de la reconnaitre. Et ça ne manque pas je la reconnais de suite, quoi qu'elle est beaucoup plus grande que je ne l'imaginais.
La conversation coule de source comme si on se connaissait depuis longtemps. D'abord on va retirer les dossards et puis on se place sur le parcours très avantageux pour voir les coureurs. D'un coté les coureurs du half font 3 fois le tour du lac et juste à notre droite les arrivées. On attend, on attend, on se demande si elle a pu déjà passer la ligne, en fait on n'est sûres de rien.
On scrute les visages des coureuses et les couleurs du maillot de son club. Et voilà Réjane! Réjaaaane! elle nous reconnait aussi, sourit et nous dit: c'est super dur! ah bah tu m'étonnes! avec le déniv'qu'il y a ici en vélo, elle n'a peur de rien pour cette grande première. A priori il lui reste qu'un tour, on refait nos calculs, on se pose dans les gradins. Et voilà elle arrive, épuisée mais très très heureuse! La rencontre fut très courte mais quel plaisir de la rencontrer en vrai et assister à cette grande victoire. 


Le soir Gisèle et moi nous dinons dans une pizzeria bien sympa et puis vu que sommes assez claquées de notre journée (route et puis le piétinage) on se couche tôt. A 9h00. Réveilles toutes les 2 à deux heures du mat'. Gisèle arrivera à s'endormir en pointillés, moi pas du tout. La nuit est trèèèès longue.
lever 6h00, il faut se préparer, prendre le petit déj' et libérer la chambre. Le départ est à 8h00. Matinal ici le triathlon.
Installation parc à vélo, j'enfile la combi.


Depuis mes deux natations catastrophiques successivement à Deauville et Chantilly, j'ai investi dans la combi digne de ce nom Zoot 3.0. Avant j'avais la combi de plongée. peut être qu'elle me tire au fond celle-là, j'en sais rien après tout. la nouvelle d'après les caractéristiques techniques devrait nager toute seule (mdrrrr!). Mais quoi, d'après ce que je lis à droite et à gauche le matos y est pour beaucoup! Si en plus de ce que je suis piètre nageuse, la combi de plongée est pour quelque chose, alors ça va pas.
Longue marche depuis le parc à vélo jusqu'au départ natation sur les petits cailloux, ça fait super mal!

Gisèle me prend en photo et contrairement de ce qu'elle annonce,
soi disant je suis très motivée, je ne le suis pas du tout. Je me sens seule, je me dis que je vais encore galérer et prendre plein de coups vu le nombre de participants (environ 1000 sur le découverte). ça va être un baston.
Le départ est donné, je me mets à l'eau, environ dans le dernier tiers. Contrairement à ce que je pensais, ça va, ça tape pas. Je trouve que la nouvelle combi me porte vraiment, je me mets tout de suite en crawl, respi en 2 temps. Les gens autour de moi nagent principalement la brasse, de plus la tête hors de l'eau. Je vois que je suis loin d'être dernière (contrairement à toutes les autres fois) A 400 m. il faut contourner la bouée, là il y a un gros embouteillage il faut passer en brasse et ça tape. Bon de nouveau ça se fluidifie. En sortant de l'eau, j'appuie sur le bouton de la montre et je crois pas à mes yeux: 15' pour 510 m. enfin le temps que je mets en piscine pour 500 m. Youpiii!

Je cours vers le vélo tout en me bagarrant avec la fermeture éclair, un Monsieur me la tire, c'est super sympa! Sortie de combi très facilement, je remets ma puce et là je vois que c'est pas le N° que j'ai. C'est la mienne? pas la mienne? mais non ça ne peut être que la mienne. je perds plusieurs secondes à cause de cette stupide hésitation. Bon allez, je la mets et c'est parti.
Gisèle m'encourage à la sortie du parc. On m'avait prévenu, la cote va venir peu après le départ, alors mollo, plateau moyen. 2 km. après, le léger faux plat, le virage à droite et les joyeusetés commencent de suite. je change de plateau (le plus petit), il y a du monde à droite et à gauche, la concurrente devant moi commence à changer les vitesses beaucoup trop tard, sa chaine déraille presque et le vélo part à droite et à gauche, je suis obligée de poser le pied à terre pour ne pas lui rentrer dedans. Merdeee! Parce que pour se remettre sur le vélo en cote pour une personne qui ne fait jamais de cotes, ben je vous fais pas le dessin. Enfin après plusieurs jurons j'arrive à remonter sur la selle et avance pas si mal que ça, en doublant même, sauf qu'il y a les gars (les fléches en vélo mais visiblement pas en natation) qui hurlent à gauche, à gauche. Sauf que plus loin il y a déjà un petit carnage, une ambulance ramasse quelqu'un et un bénévole dit: ça ne passera pas, tout le monde pied à terre! La route est étroite et l'ambulance occupe la moitié. Et voilà de nouveau tentative de remonter sur la selle et là je bascule vers le caniveau et manque de tomber. De nouveau les jurons. Un concurrent m'encourage: ça va aller! C'est reparti, j'essaye de serrer à droite pour ne gêner personne et une concurrente hurle nooon, noon. Elle essayait de me dépasser par la droite. Mais nondedieu je n'ai pas les yeux derrière la tête, malheureusement. Troisième fois pied à terre. Ahhhhaaha, je vais jamais y arriver! et puis j'avais jamais autant de monde autour de moi, là je suis dans le peloton. Bon enfin arrivée au bout de cette galère. Mais après ma tite dame, tout ce qu'on a monté il faut descendre et la route est en virages et j'ai peur de ne pas maitriser mon vélo. Et là ceux qui ramaient en cote plus que moi, ils me doublent. je m'en fiche je préfère sortir entière de ce tri. Puis une deuxième côte, pas aussi dure. Enfin à partir du 9ème km. ça descend mais en lignes droites et les virages sont peu prononcés c'est à mon tour de doubler. Pendant plusieurs km. je suis à plus de 30 km/h, c'est grisant. Le paysage est superbe mais plutôt attention à la route et aux concurrents.
Arrivée, enfin, un gros soulagement. http://connect.garmin.com/modern/activity/585058175
Pour la CAP la transition très rapide, juste le vélo à poser et à enlever le casque, pas de chaussures à changer. Me suis toujours pas décidée pour les pédales automatiques, je préfère préserver mon integrité physique pour mes prochains marathons.
Gourde à main et c'est parti. Là je me fais plaisir: je double, double, double. Beaucoup d'encouragements tout le long. Le parcours n'est pas évident: 2,5 km. aller et 2,5 retour où ça monte sacrément (100 m. D+/-) sur 5,5 km. je suis à plus de 10 de moyenne, mais au retour à plus de 11.  (ce qui donnera 10,7 km/h/moyenne). http://connect.garmin.com/modern/activity/585058188
Il y a une dame qui avance super bien, je me dis: allez un petit effort. je la double mais j'entends son souffle très lourd derrière moi, elle veut pas me laisser. Son mari court à coté et en la voyant souffrir lui dit: allez, lâches là! On aurait tout entendu et j'accèlère encore et encore.
Dernier doublé sur le tapis rouge, le speaker annonce mon arrivée. Un officiel voyant que j'ai tout donné me serre la main et dit: bravo Madame. Gisèle me récupère à la sortie. Que c'était beau!
Et au retour 5 heures de trajet, 5 heures de papotage. Là on a musclé nos langues, on est particulièrement douées dans ce sport.
Un WE de rêves! une fois de plus.
Pour l'analyse de la course: 15' pour 510 m. la meilleure natation de tous mes tri. la combi? les lunettes aussi qui ont eu bon goût de ne pas se décoller, le vélo: 21,6 de moyenne avec cette côte et pied à terre 3 fois et descente sur les freins, ça va, il faut en pratiquer pour être à l'aise et la CAP très satisfaite, quand je dis que je suis une fille du bitume! 1h46'50 selon mon propre chrono, je l'ai démarré pas au signal mais quand je me suis mise à l'eau sinon 1h48 selon le chrnométrage officiel.


samedi 23 août 2014

Triathlon de Chantilly (c'est de la crème) !

Après mon 3ème découverte de Deauville (qui avait tout d'un sprint sauf pour la natation) l'envie me prend de me lancer sur le plus long et tester un CD. Je suis pas pressée pour autant et pense tenter ça en 2015. Mais voilà que je tombe sur la pub du tri de Chantilly qui est organisé par nos amis les britanniques) et vois une distance qui me plaît bien : Un presque CD qu'ils ont nommé le Sprint Plus : 800 m. de natation/40 km de vélo/8 km CAP. Pour la douée que je suis en natation: je nage « bien » mais lenteeeement) un 800 m. c'est largement suffisant, lé vélo : j'ai eu mon bô Scott à la fin du mois de juin et commencé à m'entraîner un peu : disons faire les sorties régulières à partir de fin juillet et la CAP : tout roule... euh non, tout court... je suis en pleine prépa marathon.
Je ne stresse absolument pas pour le triathlon : juste les calculs savants : combien je vais mettre en natation ? Et en vélo ? 20 ou 25 km/h de moyenne ? (23,3 à Enghien sur 13 km. Et 20 km/h à Deauville sur le parcours valloné) et en cap ? Le parcours ça ne semble pas être du bitume. Avec mes calculs j'estime que je peux faire 3h15 dans le meilleur des cas et 3h30 au pire. A condition de ne pas crever bien sûr !
Autre problématique : changer la selle de vélo, parce qu'avec une selle de mec après 20 km. ça devient difficilement supportable. Et comment je vais boire ? Pas très à l'aise pour attraper la gourde en bas du cadre tout en roulant. Et encore moins en roulant vite !
Selle changée pour la selle Diva Gel Flow
 et puis pour boire j'investis dans le porte bidon guidon et le bidon avec une paille.
Le jour de la course je me réveille et c'est là l'insouciance commence à …. disparaître... je suis vraiment folle. Déjà faire 40 bornes en vélo c'est pas facile (et telle que je me connais je vais donner tout ce que je peux) mais là faudra nager avant et courir non pas 3, non pas 5 mais 8 km. après.
C'est de nouveau mon fils qui m'y emmène. Je stresse et commence à le faire ch.. : tu conduis trop vite, pourquoi tu es sur la voie de gauche ? Rabats-toi ! Ralentis. Bon bref avant de donner des conseils je ferai mieux d'apprendre à conduire.
Arrivée sur place, le cadre est absolument magnifique avec le Château de Chantilly. On se dirige vers la tente d'enregistrement, le truc habituel : marquage du bras et mollet, retrait des dossards. La moitié des bénévoles parlent anglais.Là je croise Fred qui fait finalement la même épreuve que moi et pas le vrai CD qui aura lieu dimanche. C'est cool de ne pas être seule.

Installation parc à vélo et puis briefing avant le départ.
Je pars derrière pour ne pas prendre les coups. L'eau est froide à 16°, on n'est vraiment pas gâté cet été. Je suis saisie par le froid après un peu de crawl mon masque commence à prendre l'eau et je passe en brasse, je suis bien mieux à l'aise. Mais quand je contourne la bouée, je vois qu'il y a seulement 1 ou 2 personnes à mes côtés. C'est tout. Ça va être loooong ! Je brasse, je crawle, c'est une boucle à faire 2 fois.
Quand il me reste environ 200 m. à faire je commence à me faire rattraper par la 2ème vague (distance sprint). La loose. Heureusement qu'ils m'ont pas trop tapé. Sortie complètement tétanisée de l'eau, le parc à vélo est loin, je trottine, impossible de courir, vraiment figée. Un peu coincée avec la combi mais ça va, pas trop trainé. C'est parti pour le vélo. Le 1er km. pourri (la route un peu défoncée avec plein de cailloux).
Je vois déjà un qui rentre avec son vélo : crevé le pauvre, à peine parti.
Peu à peu je commence à prendre le rythme. Cependant assez prudente. Le parcours est très roulant mais avec les faux plats montants et descendants. Je double quelques personnes. Dès fois le vent en pleine trombine et si en plus c'est associé au faux plat montant, c'est la galère. La circulation n'est pas coupée... hum... mais les voitures ne frôlent pas, ça va. Au 2ème tour je me lâche un peu plus et dans une descente j'ai atteint 46 km/h en vitesse de pointe. Ça décoiffe, heureusement qu'il y a le casque ! Les bénévoles encouragent à chaque carrefour, très sympa. Je remercie chacun. Le parcours fait finalement 43,5 km. Ahhhh ! J'ai payé pour 40, lol ! Au retour pareil presque 1 km. de route pourrie. Mon fils me mitraille en mode rafale.

Ça y est je suis sur terre ferme maintenant, courir ça devrait aller. Mais... je n'ai pas de jambes et en plus de ça le parcours n'est que l'herbe, chemin et gravillons. C'est pas ici que je ferai 11,7 de moyenne. 't***ain ; je fais du mieux que je peux mais même pas envie d'être dans le trop dur. L'essentiel c'est de finir. Je double encore quelques uns.
L'arrivée dans un cadre magnifique, je récupère ma médaille, ravito et puis voilà : I did it ! 





Natation cata: presque tout en brasse avec les lunettes qui ne collaient plus, vélo je suis satisfaite avec 24,0 de moyenne je pouvais difficilement faire plus avec peu d'entrainement que j'ai et sans pédales auto. Bon ok je voulais 25 km/h ;) et la CAP: moyen '9,5 km/h) mais le parcours pas du bitume et après 43 km. de vélo au mieux que j'ai pu, je vais m'en satisfaire.

Le half ironman attendra 2-3 ans je pense... à moins que je m’entraîne suffisamment mais ça me semble compliqué. Ma priorité reste la course à pied et je pense que je vais chercher encore mes progrès en cap : via l’entraînement triathlon.
Prochain triathlon : dans 2 semaines découverte de Gérardmer qui a la distance de quasi sprint sauf pour la natation.